Historique
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C’est en 2001 que l’Université d’Ottawa a créé le Centre
R. Samuel McLaughlin d’évaluation du risque sur la santé des
populations à l’Institut
de recherche sur la santé des
populations. Le Centre McLaughlin a pour objectif de devenir un centre international
de recherche de pointe dans l’étude des risques sur la santé des
populations, en offrant un programme de recherche et de formation universitaires
unique dans l’étude des risques. Ce domaine est encore sous-développé au
Canada, et l’Université d’Ottawa est bien placée pour
assurer le leadership dans ce domaine.
Les risques sur la santé sont des questions qui préoccupent l'ensemble
des Canadiens. L'état de santé de la population du Canada et des
autres pays développés n'a cessé de progresser depuis le
début du XXe siècle - comme en font foi les gains marqués
au niveau |
des indicateurs globaux de la santé comme l'espérance
de vie - et ces gains sont attribuables non seulement à l'amélioration
des mesures d'hygiène public, notamment en matière d'assainissement
de l'eau potable, mais aussi aux progrès technologiques considérables
qui ont été réalisés dans le domaine des soins de
santé (y compris dans les méthodes de diagnostic et de traitement
des maladies), au succès des programmes d'immunisation contre les maladies
pouvant être prévenues par des vaccins, ainsi qu'à l'identification
et au contrôle des dangers microbiologiques, radiologiques et chimiques
qui sont présents dans notre environnement.
Ces progrès ont également permis d'approfondir nos connaissances
sur les principaux déterminants de la santé et des maladies. C'est
ainsi qu'il est aujourd'hui généralement reconnu que la santé d'une
population dépend d'un large éventail de facteurs interdépendants
d'origine à la fois génétique, environnementales, sociale
et comportementale. Donc, pour être efficaces, les stratégies de
gestion des risques sur la santé doivent cibler l'ensemble de ces déterminants,
sans oublier les liens complexes qui existent entre chacun. L'approche basée
sur la santé de la population tient compte de l'éventail complet
des facteurs qui ont une incidence, directe ou indirecte, sur l'état de
santé, en ciblant les besoins de groupes et de collectivités et
non de particuliers.
Malgré les gains réalisés, il est urgent d'élaborer
des stratégies afin que l'état de santé de la population
du Canada, non seulement se maintienne, mais aussi qu'il continue de s'améliorer
au même rythme que dans les autres pays occidentaux. Les défis récents
- que l'on pense aux épidémies de sida et d'hépatite C, à la
contamination des produits sanguins et à l'apparition de souches de tuberculose
résistantes aux antibiotiques - nous rappellent l'importance d'anticiper
et de prévenir les nouvelles menaces sur la santé. Il suffit de
penser que des problèmes de santé encore inexistants au Canada
pourraient, en quelques heures seulement, s'introduire au pays sous l'effet de
la hausse des déplacements à l'étranger provoquée
par la mondialisation de nombreuses industries.
Cependant, grâce aux progrès de la science, nous disposons aujourd'hui
d'outils techniques qui nous permettent de déceler des risques sur la
santé qui passaient auparavant inaperçus. Ainsi, l'amélioration
des techniques d'analyse en chimie analytique, durant les années 50, a
permis de découvrir la présence, dans le beurre d'arachide, d'un
des cancérogènes chimiques les plus puissants, l'aflatoxine B.
Plus récemment, des dioxines ont été découvertes,
puis ont été pratiquement éliminées, d'un certain
nombre de produits du papier, y compris de produits venant en contact avec les
aliments. Autre menace inconnue avant les années 70, le radon - un gaz
libéré à l'état naturel de tous les sols et roches
et donc présent en faibles concentrations dans toutes les maisons du Canada
- est aujourd'hui considéré comme la deuxième cause du cancer
du poumon, derrière le tabagisme. Et il faut s'attendre à ce que
les nouveaux outils scientifiques qui seront mis au point, notamment dans le
domaine de l'épidémiologie moléculaire et génétique,
mettront en lumière de nouveaux risques auxquels nous aurons à faire
face. Il ne faut pas oublier non plus que les facteurs socio économiques
et les pratiques personnelles sont souvent des médiateurs entre les facteurs
environnementaux et génétiques et l'état de santé.
Le lien universel entre la pauvreté et le mauvais état de santé en
est un bon exemple, qui nous rappelle l'importance de réduire les écarts
dans l'état de santé qui sont imputables aux disparités économiques
au sein de la population canadienne. Le contexte social a aussi une incidence
sur les comportements en matière de santé; ainsi, malgré les
nombreux efforts visant à réduire la consommation de tabac, le
tabagisme demeure la principale cause évitable de décès
prématuré au Canada. Cependant, toute intervention visant à modifier
des comportements qui ont une incidence sur la santé soulève des
questions sociales de fond, qui nous obligent à mettre en équilibre
les droits de la personne et le bien collectif.
Reconnaissant le vaste éventail de facteurs qui influent sur les risques
sur la santé de la population, l'Université d'Ottawa a lancé une
initiative majeure dont un des volets clés repose sur la création
du nouveau Centre d'évaluation du risque sur la santé des populations,
chargé d'évaluer et de gérer les risques sur la santé des
Canadiens. Créé sous l'égide du nouvel Institut de recherche
sur la santé des populations, le Centre cherche à devenir une plaque
tournante dans l'étude des risques sur la santé, dans la région
de la capitale nationale. Unique au Canada, le Centre a pour objectif de devenir
un centre national d'excellence dans l'étude des risques sur la santé des
populations et de promouvoir ainsi un processus décisionnel efficace en
matière de gestion des risques.
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